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ENERGIES RENOUVELABLES

Mobilité électrique : solution ou problème ?

Victanis Advisory Services GmbH
2019-10-03
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Pilier du Plan Climat, la mobilité électrique est qualifiée de principale réponse aux problèmes de pollution urbaine. Si ses avantages sont nombreux (bien au-delà de l'environnement), tout n'est pas si simple : les voitures électriques sont freinées dans leur développement par les batteries, coûteuses sur le plan environnemental et difficiles à recharger.

E-mobilité : la voiture du futur sera sans émission

La voiture électrique est, sans aucun doute, un des moteurs de la transition énergétique actuelle. L'absence d'émission de gaz à effets de serre permet de réduire la pollution atmosphérique, plus sensible que jamais dans les zones urbaines.

Pour les passagers, le confort d'utilisation est total : le silence au démarrage et la puissance d'accélération permettent aux électriques de remporter l'adhésion dès les premiers kilomètres. Avec des prototypes capables de passer de 0 à 100Km/heure en moins de 2 secondes, le rendement énergétique (70 % contre 40 % pour une voiture thermique) termine de convaincre les derniers sceptiques.

En bref, la mobilité électrique est propre à l'utilisation, à condition de l'alimenter en énergie propre. Autre avantage, sortir du pétrole permet de réduire la dépendance énergétique aux hydrocarbures, dont le prix est indexé sur la conjoncture géopolitique.

Grâce à tous ces avantages, l'e-mobilité n'en finit plus d'attirer des investissements considérables de la part des constructeurs automobiles (et de toute une industrie annexe). Tous les grands groupes du monde d’automobiles se sont lancés à fond, stimulés par les aides de l'état, mais surtout dans l’attente d’un marché immense.

A lire - L'économie circulaire dans l'industrie automobile : jusqu'où ?

Pas si durable, la voiture électrique !

Malgré la sincérité de la démarche éco-responsable, le coût environnemental de la voiture électrique n'est pas si neutre qu'il y paraît. Si l'utilisation ne provoque pas d'émission de GES, le bilan écologique est contrasté : les externalités négatives sont concentrées sur la production, et en particulier sur celle des batteries.

Le bagage écologique des véhicules électriques est alourdi par des métaux très spéciaux, ou terres rares. Leur extraction pollue, à tel point qu'il faudrait 8 à 10 ans d'utilisation pour amortir les coûts environnementaux des batteries (en supposant que l'utilisation est faite à partir d'électricité propre, issue des ENR). En absence de recul sur la technologie, on connaît mal la durée de vie des batteries, régulièrement estimée aux alentours de 10 ans...

Leur rechargement représente un autre écueil au développement. Pour aggraver la faible autonomie des modèles grand public, le réseau de bornes de recharge est encore déficient en dehors des grandes villes. Enfin, le temps de chargement est souvent pointé du doigt comme trop long...

La voiture à hydrogène, l'avenir de la voiture électrique ?

Face à ces limites, les véhicules électriques sont concurrencés par les voitures à hydrogènes. Portées par des constructeurs japonais (Toyota en tête), il s'agit d'un autre type de voiture électrique, alimentée par pile à combustible. L'électricité est produite à bord à partir de réservoirs stockant de l'hydrogène, limitant nettement le temps de recharge.

Bien qu'encore limitée et moins efficace que les batteries , cette technologie est prometteuse : sans bornes, elle nécessiterait moins d'infrastructures une fois à maturité. Les véhicules à hydrogène sont plus compatibles avec les énergies renouvelables : ils pourraient utiliser de l'électricité convertie en hydrogène lorsque son prix est à la baisse.

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La mobilité électrique, en première ligne pour "décarboner" les déplacements

Avec 29% des émissions de gaz à effets de serre, les transports sont les premiers responsables du réchauffement climatique en France. Bien qu'elle ne représente pas une solution idéale, l'e-mobilité reste en première ligne pour « décarboner » les déplacements. Le secteur devrait continuer à voir se multiplier les innovations et les opportunités pour les investisseurs, tout en s'accompagnant d'une évolution des comportements : pour être réalisable, la dépollution des grandes villes dépendra également des transports en commun et de la progression de la pratique du vélo.

Résumé

Pilier du plan climat, la voiture électrique est en première ligne pour décarboner les déplacements. Malgré tout, les batteries concentrent les freins à son développement : gourmandes en terres rares, génératrices de pollution, elles dépendent d'un réseau de recharge déficient en dehors des grandes villes. À terme, la voiture à hydrogène pourrait dépasser ces freins au développement dans un secteur en constante innovation.

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